La constitution de cette Charte est motivée par une volonté d’apporter un support écrit clair et partagé de notre exigence éthique dans l’exercice de nos pratiques. Elle constitue un cadre de référence à partir de valeurs partagées. Elle n’a en soi aucune valeur juridique mais donne sens à l’action commune.
Préambule
En vue de remplir leurs missions de prévention des situations de détresse de la personne âgée, la Cellule de prévention, les professionnels et structures ressources, se mobilisent pour trouver des réponses adaptées aux situations de détresse rencontrées. C’est à travers un dispositif de vigilance que tous les professionnels médico-sociaux impliqués mobilisent leurs compétences diverses afin de répondre à la situation de détresse.
Vers une approche préventive
Le fait même de vieillir confronte la personne à des risques bien particuliers. Il ne s’agit pas là de la simple avancée en âge, que l’on voudrait bien croire progressive et tranquille, mais bien de la confrontation -souvent brutale- à la reconnaissance de son propre vieillissement.
Cette confrontation est bien une crise, qui est une étape vers un développement positif si elle peut être bien vécue. Mais elle peut amener quelques difficultés dans le cas contraire : régression, détérioration, dépression. A partir de ce constat, des acteurs médico-sociaux se sont réunis, sous forme partenariale, afin de mettre en œuvre une action préventive. Cette action est engagée auprès de toute personne âgée de 60 ans et plus, en situation de détresse en référence à des critères objectifs de risque, d’urgence, de dangerosité, tenant ou non des propos suicidaires.
Reconnaissance, dans un contexte de crise, d’une certaine vulnérabilité
En phase critique, la relative fragilité psychique et/ou physique peut conduire la personne âgée à des difficultés. Notre approche préventive passe par la reconnaissance de cette relative vulnérabilité.
Reconnaissance de l’impossibilité de choix
Dans le cas particulier de la personne âgée en détresse, la question de la liberté de choix doit être abordée avec la plus grande prudence. En effet, la personne âgée ne fait pas le choix de vouloir mourir mais veut mettre fin à sa souffrance. C’est à partir de la reconnaissance de cette souffrance qu’un accompagnement adapté et personnalisé est organisé.
Secret professionnel partagé et information
Chaque acteur est soumis au secret professionnel dans le souci de garantir le respect de la confidentialité et de la vie privée de la personne âgée en détresse.
Les informations jugées inutiles pour l’analyse de la situation, la définition des orientations, ne doivent pas être communiquées.
Équité et solidarité
L’équité suppose que toute personne âgée en détresse puisse accéder à l’ensemble des aides, des soins nécessaires sans qu’aucune discrimination n’intervienne notamment en raison de l’âge, de l’handicap, du niveau de vie.
La solidarité envers la personne âgée en détresse contribue à la mise en œuvre du principe d’équité. L’action envers les personnes âgées en détresse signifie la mobilisation collective des différentes formes de solidarité.
Conclusion
La démarche préventive implique l’engagement d’un large réseau de solidarité. Son action doit traduire une volonté de soutien, d’accompagnement, de protection et de renforcement de la résilience de la personne âgée vulnérable afin de permettre la résolution de la crise.